"L'Ayahuasca, le Serpent et Moi"
 
" Les guérisseurs indiens du Pérou utilisant l'ayahuasca pour traiter les troubles mentaux, la transposition de ces techniques pour traiter la toxicomanie apparaît dans ce pays comme tout à fait légitime... "
 
Alain LABROUSSE, sociologue, ex-directeur de l'Observatoire Géopolitique des drogues, expert de l'Observatoire géopolitique de La criminalité internationale, Université de Liège.
 
 
" Le point central de mes recherches est la phénoménologie de la conscience humaine et durant la dernière décennie, je me suis particulièrement concentré sur l'état de conscience particulier induit par la préparation amazonienne psychoactive appelée Ayahuasca… L'utilisation de l'Ayahuasca dans un but thérapeutique est très ancienne. Durant des millénaires elle a été un élément-clé sacré des traditions indigènes de la Haute-Amazonie et a été très estimée et vénèrée. Au cours des dernières années, la science occidentale a découvert l'ayahuasca et plusieurs chercheurs de renom considèrent qu'une compréhension plus élaborée de ces vieilles traditions amérindiennes a beaucoup de valeur aussi pour notre culture. La préparation de l'ayahuasca est psychoactive mais, comme il a été plusieurs fois démontré dans la littérature scientifique, elle ne cause pas de dépendance et n'a pas de conséquences dommageables. En fait, dans pratiquement tout les cas cela enrichit les vies de ses consommateurs. Les effets de cette préparation dépendent aussi certainement de l'individu qui la prend, et mon avis est que les personnes ayant de sérieux problèmes mentaux devraient s'abstenir d'en prendre. "
 
 
Docteur BENNY SHANON, Professeur de Psychologie cognitive et de philosophie de la psychologie à l'Université Hébraïque de Jérusalem. Doctorat en psychologie de l'Université Stanford (1974). Président du Département de Psychologie à Jérusalem
 
 
" Ce champ médical présente une richesse exceptionnelle en particulier pour la connaissance des phénomènes de la conscience humaine et requiert la mobilisation de majeures ressources humaines, techniques et économiques pour son exploration, étude scientifique et pleine mise en valeur pour le bien-être de l'humanité… Les peuples premiers de notre terre méritent un respect sans restriction et il est pour le moins indécent de les présenter comme des groupes de primitifs hallucinés. "
 

Dr. Fernando CABIESES-MOLINA, neurologue, chercheur en médecines traditionelles péruviennes, recteur de l'Université Scientifique du Sud (Lima), Ex Directeur de l'Institut National des Médecines Traditionnelles du Ministère de la Santé (INMETRA), du Musée des Sciences de la Santé et du Musée de la Nation,

 
 
" Lorsque le cadre et le milieu sont rigoureusement contrôlés, l'Ayahuasca possède un potentiel substantiel comme moyen de traitement efficace pour les dépendances à l'alcool et aux drogues difficiles à traiter et pour lesquelles la médecine a relativement peu à offrir… Les modèles conventionnels de traitements pour la dépendance à la pâte-base de cocaïne se sont avérés inefficaces... Le phénomène Takiwasi peut servir de précurseur dans l'utilisation de l'Ayahuasca comme traitement utilisé par des médecins formés en médecine moderne pour des maladies difficiles à traiter. "
 
Charles S. GROB, Docteur en médecine, Directeur Division Psychiatrique pour Enfants et Adolescents du Centre Médical Harbor- UCLA, Professeur de Psychiatrie et de Pédiatrie, École de Médecine UCLA
 
 
" J'ai traité approximativement 5000 patients durant mes années de service... La dépendance aux drogues est un problème bien connu pour la difficulté à le traiter efficacement. Pour avancer dans ce domaine, il est essentiel que de nouveaux traitements continuent d'être étudiés. L'utilisation de plantes médicinales traditionnelles est de plus en plus connu dans tous les domaines médicaux… Le protocole de traitement et l'équipe clinique à Takiwasi sont du plus haut calibre. Ils offrent aux patients qui luttent avec des problèmes très difficiles, un traitement innovateur, efficace avec respect et compassion. "
 
David E. PRESTI, Docteur, Professeur en Neurobiologie, Psychologue clinicien licencié, Département de Biologie Cellulaire et Moléculaire, Université de Berkley, Californie.
 
 
" La dépendance aux drogues est un des plus importants défis de santé publique au monde, et nous manquons dramatiquement d'une théorie unifiée ou d'un traitement pour cela. Vu qu'il existe un puissant élément psycho-spirituel dans de nombreux cas de toxicomanie, l'efficacité de tout traitement qui considère un tel facteur doit être étudiée. Etant donné que de nombreux hallucinogènes produisent, chez des sujets correctement préparés, des états de conscience avec des manifestations de caractére psycho-spirituel, il existe un important domaine pour la recherche future sur les psychothérapies potentialisées par les hallucinogènes dans le traitement de l'abus de drogues. "
 
 
Dr. Rick J. STRASSMAN, médecin psychiatre, Clinique Psychiatrique à la Faculté de Médecine de l'Université du Nouveau Mexique. USA
 
 
" Le vomissement a été pratiqué depuis nos origines. Vomir est à la fois une délivrance physiologique et symbolique. C'est le trépied lacanien du besoin de la demande et de l'imaginaire. Cela passe par les tripes, là se fait l'analyse, là se fait la compréhension. Mais notre culture refuse la souffrance, nous sommes des inhibés du corps… C'est dommage que des expériences comme celles du docteur Mabit au Pérou ne soient pas investiguées par des scientifiques, notamment dans la prise en charge de certaines pathologies psychiatriques ou de la toxicomanie. Cela permettrait de mettre les gens dans des états spécifiques de conscience et de débloquer des structures symboliques, des structures mentales, pour créer donc une réorganisation cérébrale. "

" Quelle est cette voix qui parle au cours des expériences d'Ayahuasca ?… Pour le neuro-psychiatre que je suis, il n'y a qu' " une " personne présente devant moi. Avec les engrammations et ainsi de suite, parce que nous ne sommes jamais que la résultante d'une série d'individus, il y a peut-être aussi ses ancêtres qui parlent, et peut-être aussi la voix de l'inconscient collectif. Parce que moi, je suis une histoire. Moi, c'est l'histoire de mon père, c'est l'histoire de mon grand-père, c'est l'histoire de mes ancêtres. "

 
Professeur Henri BOON, Chef du Service de psychiatrie et de psychologie médicale, Hôpital Brugmann, Bruxelles. Enseignant Psychologie des assuétudes et états modifiés de conscience, Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education de Mons-Hainaut
 
 
" J'ai toujours été très préoccupé par la médiocrité des résultats obtenus par les traitements occidentaux en matière de soins aux toxicomanes… Les expériences de l'Ayahuasca ont été pour moi des plus enrichissantes, et j'ai pu me rendre compte de la très grande efficacité des médecines traditionnelles amazoniennes dans ce type de pathologie contre lequel nous sommes pratiquement impuissants. "
 
 
Pierre CORET, Psychiatre, Homéopathe, Psychothérapeute, France
 
 
" Ce travail basé sur des techniques ancestrales de soins de la tradition amazonienne, intègre aussi des techniques thérapeutiques occidentales. Ces techniques psychothérapeutiques, précisément pour leur caractère expérimental, peuvent générer une certaine polémique, ce qui accroît leur valeur vu que cela contribue au développement scientifique. "
 
Dr. Eduardo GASTELUMENDI DARGENT, médecin psychiatre, Président de l'Association Psychiatrique Péruvienne
 
 
 
" L'usage de ressources traditionnelles dans le champ de l'ethno-botanique amazonienne (y incluse l'Ayahuasca), associées á des techniques de psychothérapie est une formule inscrite dans un cadre éthique et légal parfaitement cohérent…
 
Juan GIL RUIZ, Economiste, Secrétaire Exécutif du Fonds des Amériques, Secrétaire Exécutif de la Commission de Lutte Contre la Drogue (CONTRADROGAS, aujourd'hui DEVIDA), organisme de Lutte Contre La Drogue du Gouvernement Péruvien (1996-1999)
 
 
" L'ayahuasca et d'autres plantes aux effets d'intégration psychique sont considérées comme "enseignantes", source de leur connaissance aussi bien sur leur environnement naturel que sur le psychisme inconscient profond… D'un point de vue médical, les études à présent réalisées n'ont pas démontré de dommages de quelque sorte que ce soit chez des consommateurs anciens d'ayahuasca avec parfois trois générations vivantes d'usagers… Des scientifiques de diverses disciplines incluant la psychologie cognitive, la pharmacologie et l'ethnobotanique mènent actuellement des recherches qui incluent l'auto-expérimentation. "
 
 
Luis Eduardo LUNA, Anthropologue, enseignant à la "Swedish School of Economics" (Suède)
Doctorat de l'Institut des Religions Comparées de l'Université de Stockholm
Auteur, avec Pablo Amaringo du livre " Ayahuasca Visions
 
 
" Les nouveaux paradigmes en sciences plaident en faveur d'un respect de la complexité et d'une vision intégrale des êtres vivant irréductibles à une machine programmée. Nous savons par l'histoire que ce qui hier était rejeté par la science, aujourd'hui occupe des positions de premier plan. On ne peut donc s'étonner que de la part de secteurs critiques se manifeste une certaine opposition, inadmissible quand elle prétend sacrifier une voie de recherche légitime. Une personne, un professionnel, un médecin en l'occurrence, ne passe pas de longues années dans la forêt par caprice, mais par cette passion de la recherche et de plus de la thérapie, voie qui a conduit de nombreux scientifiques à de grandes découvertes… Il est indispensable de fournir une ample marge de liberté à ces investigations d'avant-garde vu que la science essentiellement mécaniste de la culture occidentale manque de méthodes pour aborder la complexité de la subjectivité psychique. En ce sens, mes années de recherche au sein des cultures indigènes mexicaines et amazoniennes m'ont ouvert des perspectives insoupçonnées. Le mental ne peut se réduire à une machine rationnelle et informatisée : elle est plus que cela. "
 
 
Manuel ALMENDRO, Docteur en Psychologie, Psychologue clinicien, Directeur de Oxígeme, Centre d'Intégration des Psychothérapies, Espagne
 
 
" L'Ayahuasca doit être employée sous les conseils d'un therapeute expérimenté… De telles techniques et pratiques de manipulation mentale, avec ou sans l'utilisation concourante de substances, ont été pratiquées depuis le temps immémorial par des chefs de culte, des fanatiques fondamentalistes, des gourous et des charlatans spirituels... Il n'est pas du tout clair qu'il appartient aux gouvernements de décider si, ou comment, il faudrait réguler ces pratiques. Dans une société où la liberté de pensée est identifiée et évaluée, c'est un danger qui doit être toléré, parce que le remède - qui serait la suppression de la liberté religieuse et même la prohibition de certains états d'esprit - est bien plus nocif... "
 
Dennis J. McKENNA, Ph.D., Research Associate & Senior Lecturer, University of Minnesota
 
 
 
" Tant que cette structure garde ce côté innovateur expérimental, une aide internationale sera justifiée au regard des possibilités d´utilisation de ces résultats pour d´autres structures dans d´autres pays… Face aux risques de ce genre de structure comme les dérives idéologiques, dans le cas de Takiwasi, on voit assez bien que les réponses sur ces points justifient donc un avis globalement très positif tant sur le travail actuel que sur les prospectives de développement, d´ancrage dans la vie économique, culturelle locale, avec une vraie dimension de soins (et non d´assistance) et de réinsertion. "
 
Dr. Christian BRULE, Psychiâtre, Fondateur et Président du Centre Européen Contre les Drogues (CECD) et de l'Institut de Formation et Lutte contre les Drogues (IFLD), Expert auprès des Nations-Unies. Auteur en 1997 d'une mission d'expertise sur Takiwasi pour l'Ambassade de France au Pérou (évaluation des 5 premières années de financement).
 
 
" Il y a peu ou pas de rapport entre l'administration thérapeutique médicalement contrôlée du breuvage dans le cadre d'un traitement calqué sur des pratiques traditionnelles anciennes autochtones et l'usage maintenant ritualisé de l'Ayahuasca par les membres du Santo Daime et d'autres groupes religieux… La popularisation des prises d'Ayahuasca touristiques et l'usage du DMT est en contradiction avec tous les écrits scientifiques et anthropologiques publiés sur le sujet.. La désorientation temporaire dont certains ont fait l'expérience durant une prise d'Ayahuasca ouvre le champ à un nouvel équilibre qui certainement doit être le sujet d'études approfondies à long terme. "
 

Dr Françoise BARBIRA FREEDMAN, Directeur de recherche, Département d'antropologie sociale, Université de Cambridge